Réflexion sur ce mois de novembre…

 

Aujourd’hui hui, pas de conseils médicinaux , d’huile essentielle,  ou de granules… mais une belle réflexion à partager:

 

Merci Mr Stéphane Laporte pour ce texte très juste.

EN NOVEMBRE, HONORONS NOS CHERS DISPARUS

 » Aujourd’hui, 1er novembre, c’est la Toussaint, célébrant les morts V.I.P. de l’église chrétienne : les saints.
Demain, le 2 novembre, ce sera le jour des morts, commémoration des morts ordinaires, comme vous et moi le seront, c’est sûr.
Il y a le jour du Souvenir, le 11 novembre, honorant les soldats morts au combat.
Et toutes les autres journées du mois sont aussi consacrées aux défunts, le pape Léon XIII ayant désigné, en 1888, novembre, mois des morts.
Tout cela vous déprime, vous refroidit au plus haut point ? C’est justement, ça, le problème. Les morts n’ont jamais droit aux réjouissances qu’ils méritent parce que nous, les vivants, les envisageons toujours avec nos faces d’enterrement. Soit qu’on les souligne de façon sobre, sombre ou expéditive, soit qu’on les oublie totalement. Pourtant, on leur doit tant qu’on devrait les fêter en grand !
Nous vivons avec les morts. Les morts ne sont pas morts, puisque leurs vies ont servi et servent encore à nous rendre où nous sommes. Leurs cendres ont beau être dans les cimetières, ce qu’ils ont semé en nous et dans le paysage, continue de pousser. Continue de fleurir. Y’a de quoi célébrer. Pas juste en se lamentant.
Faudrait s’inspirer du Mexique. Le Dia de los Muertos, qui a lieu, là-bas, début novembre, est une fête des morts remplie de joie de vivre. Une manifestation de l’amour et du respect que les Mexicains éprouvent envers les âmes envolées. Ils se déguisent, se maquillent, défilent, chantent, dansent, bouffent, s’éclatent. Bref, ils font le party. Pas la gueule.
Sur des autels, ils déposent des offrandes, des fleurs, de l’eau, de la nourriture, des bougies et des photos de famille. Ils récitent des poèmes remplis d’humour. Ils décorent les rues de papiers colorés. Ils donnent des concerts. On est loin de la couronne de fleurs déposée tout en noir, à côté du corbillard. En donnant de l’amour à leurs morts, ils apprivoisement, en même temps, leur propre mort.
Bien sûr, le départ d’un être cher est une peine infinie, une blessure toujours vive, l’idée ce n’est pas de la cacher, de la geler, l’idée, c’est de permettre à cette souffrance d’exprimer sa beauté. La beauté d’un lien qui ne se rompt jamais.

Sommes-nous capables d’entrevoir un mois des morts à la mexicaine ?

Plutôt que de sombrer dans le désespoir, s’en servir pour rendre hommage à celles et ceux qui nous ont quittés, avec courage et éclat. Que novembre devienne le mois de la mémoire. In Memoriam.
Chaque fois qu’une personnalité marquante décède, on s’émeut, on s’épanche, on raconte sa grandeur, à quel point, elle est inoubliable. Puis… On l’oublie. Et on passe à la prochaine légende décédée. Pourquoi ne se servirait-on pas de novembre pour se rappeler tous ces inoubliables trop souvent oubliés ?
Profitons du mois de novembre pour penser à nos morts, pour parler de nos morts, pour aimer nos morts.
Il est trop tard pour boire à leur santé, mais toujours assez tôt, pour boire à leur éternité. »
Stéphane Laporte
Extraits Chronique La Presse 3 novembre 2024

 

Et comme disait si bien Jean d’Ormesson: .… 

« Il y a quelque chose de plus fort que la mort, c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »

 

 

 

 

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