Le langage symbolique du corps

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https://ayungdari.wordpress.com/2013/01/26/symbolique-du-corps-le-dos-et-les-vertebres/

 

L’homme n’est pas une juxtaposition d’organes associés à un cerveau plus ou moins performant, et savamment agencé pour lutter contre « les envahisseurs » que sont les germes, virus et autres pathogénies.

Notre vision de la Santé, mais avons-nous encore une vision de la santé? ou de la prévention des maladies? est une vision exclusivement tournée vers l’extérieur : lutter contre la maladie; repousser l’agresseur avec des moyens toujours plus efficaces, c’est-à-dire chimiquement plus toxiques, plus violents. Se prémunir des maladies avec des protections chimiques qui ne tiennent plus compte du tout de la voie d’accès des germes, comme dans certaines vaccinations où l’on introduit le vaccin par voie sanguine alors que la contamination se fait par voie orale, c’est aller solliciter à contrario notre système immunitaire! C’est une aberration biologique surtout quand on fait cela de façon quasi intensive et répétitive.

Si l’approche extérieure, et la meilleure connaissance des agents pathogènes a été, et est encore indispensable au développement de la médecine, ne serait-il pas temps aussi de retrouver la voie de l’intériorité? Renforcer notre potentiel de vie, notre puissance de vie que nous avons en germe à l’intérieur même de nos cellules. Notre vision de la médecine et des thérapeutes a glissé vers une vision où l’on remet tout pouvoir (et le mot n’est pas trop fort) aux techniques, aux vaccins, aux pilules miracles, aux traitements minutes. La solution va venir de l’extérieur, et si elle ne vient pas, c’est la faute de « l’extérieur » : médecin, gourou, société.

Ne serait-il pas temps de porter attention à ce qui se passe en nous? Pas uniquement au niveau des émotions, du psychisme : ceci est une lecture intéressante certes, mais encore trop superficielle, et enfermée dans « nos » interprétations… Non, descendons plus profond dans notre structure, au creux de nos os, l’homme est habité par du sens… Et il est bon de l’entendre, de retrouver ainsi une dimension pleinement humaine, une verticalité trop longtemps oubliée pour ne pas dire niée. Au regard de l’étymologie, véritable embryologie du mot, mais aussi à l’écoute de la fonction, nous retrouvons le sens caché de ce qui nous compose; au regard de la tradition de la médecine chinoise, nous retrouvons que tout homme est une histoire sacrée.

La médecine traditionnelle chinoise est une médecine qui a intégré la philosophie dans son approche. En cela elle nous enseigne et nous rappelle ce que nous avons oublié dans nos civilisations modernes.

Toutes les traditions culturelles ont eu une approche du sacré dans l’humain. Nous sommes je crois la seule à l’avoir si peu. Il est touchant de voir comment l’homme inconsciemment cherche à trouver une voie de sortie de ce tunnel : émergence de tout un tas de techniques de développement personnels, de séances de renaissances, de toucher thérapeutiques. L’homme sait qu’il lui faut refaire le chemin inverse, en quelque sorte. De façons plus pathologiques et graves, déviances dans des sectes où des pseudo gourous vous promettent le meilleur.

L’homme du 21e siècle s’agite et cherche son chemin de retour. Retour? Vers Où? Vers Qui? Si la réponse était : vers nous-même, et pas si loin : ici, même au creux de notre corps, tabernacle de l’essence même de ce qui nous habite. Personne ne peut mieux nous y conduire que nous même… avec un peu d’attention, de vigilance!

Ainsi, notre colonne vertébrale : elle est l’axe, le centre, le pilier qui nous verticalise. Elle est sur un plan psychologique, un témoin de ce qui nous a structuré. Qu’est ce qui nous a structuré : a-t-on eu une colonne sur laquelle s’appuyer dans notre construction d’enfant et d’adolescent, ou pas? Structure bien reçue ou mal reçue? Dans notre vie actuelle, la structure, la loi, la règle : quel rapport entretenons-nous avec ces notions?

Toutes ces notions se situent dans nos problèmes de colonne vertébrale. Sur un plan ontologique, c’est-à-dire ce pour quoi l’homme est réalisé; sur un plan ontologique, donc, elle est l’axe à travers lequel la Lumière peut circuler… Il y a de la lumière en nous, lumière, énergie, vie : c’est un mouvement vivant qui circule normalement à travers nos os, et lorsqu’il y a blocage, c’est le début des symptômes, de la maladie. Si l’on regarde l’anatomie de la colonne : elle est composée de 7 vertèbres cervicales : de 12 dorsales, de 5 lombaires, d’un sacrum et d’un coccyx : cela fait 26 os. Maintenant si nous décomposons sacrum et coccyx en autant de vertèbres qu’ils les maintiennent soudées, nous obtenons toujours 7 cervicales, plus 12 dorsales, plus 5 lombaires, plus 4 sacrées plus 5 coccygiennes, ce qui nous donnent maintenant : 33 os.

Dans l’étude des symboles, on sait qu’en hébreu, le nombre renvoie à la lettre et la lettre au nombre : pour le nombre 26, nous trouvons le tétragramme YHVH, le nom imprononçable, le divin … Pour le nombre 33, nous trouvons le mot hébreu qui signifie la vague, le mouvement.

Le sacré est inscrit dans notre colonne vertébrale, lieu de mouvement, de vie. Rappelons-nous aussi qu’à l’intérieur de notre colonne vertébrale se trouve la moelle osseuse qui appartient selon la tradition chinoise aux « entrailles merveilleuses » lieu d’engendrement et de pérennité de l’espèce… Merveilleux, sacré : d’un côté ou l’autre du monde, on dit bien la même chose.

La main : en hébreu, la main a la même racine que l’œil, nous apprend Me deSouzenelle. Oui, la main est douée de vision : tous ceux qui travaillent avec leurs mains le savent, que ce soit l’artisan ébéniste, couturier ou le thérapeute, l’ostéopathe!

L’intestin grêle qui trie selon la MTC « le pur et l’impur », est aussi un labyrinthe. Son étymologie renvoie à « ce qui est mêlé ». Labyrinthe où le pur et l’impur du bol alimentaire sont triés, mais nous ne sommes pas uniquement nourris d’aliments… Les pathologies à ce niveau sont le plus souvent en écho à nos errances émotionnelles psychologiques ou alimentaires. Savoir discerner ce qui est mêlé est la fonction de notre intestin grêle. Et lorsqu’on a intégré la nécessité de faire sien la matière (réabsorption d’une partie du bol alimentaire), ou d’une partie de l’expérience de vie vécue, on peut alors grandir sur un plan plus subtil : intestin grêle étant l’élément yang du couple yin yang : Cœur–intestin grêle. Comme si pour accéder à cette dimension plus subtile, mais aussi plus profonde (yin : plus profonde que son élément yang) il fallait d’abord passer par la matière, et en trier les éléments…

Notre oreille, est un lieu d’écoute et d’équilibre. Écoute tournée elle aussi vers l’extérieur, mais aussi vers l’intérieur. L’oreille, l’audition, en MTC est reliée à l’énergie ancestrale des reins : énergies des profondeurs. Sans écoute intérieure, pas de bon équilibre. Et nos troubles de l’équilibre nous renvoient vers cette profondeur à explorer en nous. Profondeur souvent encombrée de mémoires, de souffrances vécues ou héritées, qu’il faut alors tenter de libérer pour une résolution complète des symptômes. En a-t-on toujours les moyens???

Nos pathologies, nos faiblesses physiques sont là aussi pour nous mener à retrouver l’Être qui dort en nous. Nous reconnecter à notre grand moi, à notre Essence, à ce qui vit en nous depuis toujours et qui continuera à vivre après le dernier souffle, l’Âme pour certains. Qu’on l’appelle comme on veut, la dimension sacrée de l’individu, le subtil, si ces mots sacrés font peur à certains. La dimension subtile de nous même a toujours été présente, mais nous l’oublions depuis tellement longtemps. À force de l’oublier, elle ressort sous forme anarchique et violente par l’intermédiaire de dérives sectaires chez certains groupes de population dans nos sociétés. Cette énergie subtile est une énergie vivante en nous, et l’ignorer ne peut que conduire à une implosion sous forme de souffrances individuelles ou collectives. Nos sociétés, mais aussi nos corps en sont le témoin! Il est urgent de faire ce retournement intérieur qui nous permettra de confronter certes à la fois nos ombres, mais aussi nos souffrances, nos paquets de mémoires et de chagrins; et ce faisant, l’ayant accepté, intégré, de trouver alors naturellement le chemin de la Lumière qui est en nous. L’homme est porteur d’une énergie lumineuse potentielle énorme, d’une source de vie extraordinaire. Toutes les traditions de méditations, quelles que soient les « églises » basées sur cette notion de lumière intérieure, d’espace sacré à reconnecter. Il y a urgence à retrouver le chemin de la connaissance de ce qui nous habite. Ce germe de vie, non libéré va se transformer en énergie bouillonnante, en anarchie cellulaire, en énergie bloquée : c’est-à-dire en maladie. L’arrêt de ce flot qui est à l’intérieur de nous sera le début de nos maladies.

Ainsi, reconnecter ce flot qui nous nourrit, c’est en plus garantir sa santé, grandir à une dimension pleinement humaine : les pieds sur terre, ayant intégré toutes nos racines, même les plus difficiles; la tête au ciel, relié à l’énergie céleste. Équilibre dont le centre passe par l’énergie du Cœur. Le cœur « empereur » en MTC qui est le reflet de l’énergie du ciel incarnée dans l’homme, par opposition au cœur « ministre » qui assure la fonction cardiovasculaire propre à la matière.

Et si mon corps avait quelque chose à me dire??? Oui, il nous parle, car c’est à travers lui que nous expérimentons la Vie; la « petite vie » de nos quotidiens, et aussi la grande Vie qui y souffle, y passe à travers; le souffle créateur qui y est depuis toujours et que nous n’entendons plus au risque de nous perdre. Apprenons à entendre dans le silence retrouvé ce qui est inscrit au cœur de notre enveloppe et ce qui nous anime

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