LILAS

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extrait des « Essences-ciels pour le corps et pour l’âme paru aux Ed.Bayard

J’adore le lilas, sa fleur et son parfum.

Un parfum enivrant qui me ramène à mes souvenirs d’enfance en Dordogne. Je revoie l’enfant qui dévale dans une prairie immense, qui caracole derrière ses oncles et son père occupés à finir à temps les travaux d’été à la ferme. Toute la famille se retrouvait pour prêter mains fortes aux oncles et tantes vivants à l’année longue à la ferme. Ce temps à la campagne fait partie de mon héritage. Nous les enfants de la ville vivions pendant cette période au grand air, au contact de la nature, découvrant ses aléas autant que ses richesses. Libres de courir, de rêver, de suivre des leçons de vie toujours renouvelées. Mon ancrage et ma force je les dois essentiellement à ces vacances de printemps et d’été passées de 6 à 16 ans dans un coin de Dordogne enchanteur. Si la vie n’était pas facile pour les adultes, l’enfant que j’étais, a appris à entendre le vent, à sentir l’air, à parler aux fourmis, à s’enivrer d’odeurs dont celle du lilas. Il y avait aussi l’odeur de l’herbe coupée, l’odeur de la pluie, l’odeur de la terre, que je comprends maintenant comme étant une filiation essentielle. Je faisais partie de ce monde-là, celui de la nature, plus que de celui des adultes dans lequel on essayait de me faire entrer, et que je désertais régulièrement en partant dès le matin pour des escapades merveilleuses. Ma pauvre maman qui s‘inquiétait pour les devoirs de vacances à faire, pour devenir une bonne élève ne se doutait pas que les plus belles leçons finalement, je les ai reçues de mes désertions dans les champs et les bois.

Le plaisir de courir, libre, nourrie d’invisible et d’imaginaire déjà m’habitait !

Toute mon enfance et une grande partie de ma jeunesse, les livres ont été ceux de l’école, certes mais une fois l’école finie, c’était le vent, les arbres, la terre, les nuages qui me nourrissaient. Ensuite, les livres de papiers sont revenus, mais pas avant mes 17 ans.

Même après de longues études universitaires pour ma formation de médecin, il m’est restée un lien à la nature très fort, relation qui je pense est une véritable grâce dans laquelle je vais puiser lorsque cela secoue trop dans mon quotidien.

Ainsi, chaque fois que je croise un lilas, je me débrouille pour aller respirer ses fleurs, et n’ayant pas de jardin, je vais au marché m’en chercher des bouquets pendant toute la courte saison de sa floraison.

Le lilas représente un point d’ancrage pour moi.

Les ostéopathes connaissent bien la signification du point d’ancrage. C’est un point fixe à partir duquel, on peut travailler et libérer un blocage en faisant circuler le mouvement de vie. Il en existe différentes sortes, certains sont physiologique, d’autre humain, certain animal, mais aussi végétal et minéral.

Ils ont fait du bien ces lilas à mon cœur d’enfant qui ne comprenait pas les tensions, les souffrances, et les non-dits des grands.

Même s’ils ne durent pas très longtemps, leur force et leur parfum reviennent tous les ans pour nous dire la présence de l’invisible et la force de la fragilité. J’ai oublié les punitions, les colères, les souffrances des grands, par contre le lilas, lui est toujours aussi fidèle dans ma mémoire et ne manque aucun de mes rendez-vous, tous les printemps.

C’est moi qui un jour le lâcherai, absente pour cas de force majeure,

il sera là encore bien longtemps après que je sois partie. C’est bien lui le plus fort.

Le lilas me renvoie une confiance totale, une sainte union que tout enfant vit avec la nature si on lui permet de gouter à ce paradis simple qu’est un jardin, des champs, des forêts à explorer. Ces parfums reviennent instantanément apaiser nos vies d’adultes, trop compliquées, trop pleines.

N’oublions pas nos vies d’enfants, les adultes que nous sommes devenus leur doivent tout. Ils leur doivent l’Essence –Ciel!

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