Christian Bobin

December 3, 2012

 

Oui, je me suis faite prendre encore une fois à ce piège voluptueux qu’est la lecture du  » dernier Bobin » Je n ai pas pu le lâcher dés que je l ai eu en mains….

Pardonnez moi, Mr Bobin, si vous lisez ces lignes( ce qui me semble bien improbable!) de  parler de façon un peu cavalière : je veux dire du  dernier LIVRE,  et en effet quant à employer le terme de livre, la majuscule s’impose.

Sur ce site où j’alterne conseils  de santé pratico pratiques issus de ma formation de médecin et naturopathe, avec des « pensées, » plutôt des réflexions issues …de ce qui m’anime vraiment depuis toujours,

je ne peux résister au plaisir de vous livrer 2 passages de ce dernier livre de Monsieur Christian BOBIN: Cela éclairera j’en suis sûre votre journée et je crains qu ensuite vous ne succombiez à l’épidémie  extrêmement contagieuse: lorsqu on commence un de ses livres, on ne le lâche plus. Et on accueille avec un plaisir infini le nouveau, sûre déjà des moments de pure gourmandise de l’âme qui nous attendent…

Au talent de l’écrivain se mêle un « talent d’âme » si ce terme existait…Mais je l ‘invente pour l ‘occasion: Sans une telle belle âme, le talent ne suffirait pas!

Premier extrait de ‘ » L’homme joie »

« LE Monde est inondé de saints_ je veux dire : de martyrs, car je ne distingue pas ces deux mots. Ils se multiplient, chaque jour plus nombreux. On les appelle  » malades d’Alzeimer ». En se multipliant, ils nous font le don d’une vie réduite à sa base, harassante, exténuante, délivrée de tous les ordres de la vie moderne: acheter, envier, triompher. écraser.

Pour ces gens, cette vie qui n’est pas la vie, qui ne l’a jamais été, est terminée. Leurs yeux sont craintivement ouverts sur l’insondable. Ils sont la proie d’une maladie métaphysique qui dissout le monde.

Nous devrions les regarder comme des trésors vivants. Souvent ils nous demandent leur chemin. Ils le demandent à nous qui sommes égarés dans un monde médiocrement éclairé par de tristes divertissements.

Ils cherchent d’une main tremblante la main d’un ange, car ils savent que les anges existent.

Parfois aussi ils parlent à leurs morts. Eux qui oublient tout n’oublient pas ceux qui les ont éblouis dans les temps anciens….

….    Mon père a séjourné un an dans  une de ces maisons dignes de figurer au patrimoines de l’inhumanité.  Jamais son visage ne s’est éteint. Je ne crois pas à ce qu’on dit:  » ils ne nous reconnaissent plus ». Reconnaitre c’est aimer, et aimer c’est sauvage indicible.

Quand mon père ne savait plus rien de moi, il savait encore qui j’étais, je le sentais, et je l’éprouvais et ce qu’on éprouve est plus grand que tout ce que nous dit la science. Ne trouvant plus les prénoms, il rusait. Interrogé sur moi, il répondait:  » c’est celui qu’on n’oublie pas », et sur ma mère:  » c’est la meilleure ».

Ces oublieux n’oublient rien d’essentiel. C’est ce qui les distingue de nous. »

et puis, aussi cela:

« J’imagine quelqu’un qui entre au paradis sans savoir que c’est le paradis. Il a des inquiétudes, des projets. il est très occupé. Un bruit de fer, un cliquetis d’épées l’accompagne. C’est si banal, la guerre. et puis tout d’un coup il y a une lumière de neige sur un étang, et un oiseau aux ailes d’or fracasse les murailles du monde. C’est quelque chose d’inespéré. Quelques secondes suffisent n’est ce pas, pour vivre éternellement.  » Nous sentons et nous éprouvons que nous sommes éternels » : cette pensée de Spinoza a la douceur d’un enfant endormi à l,arrière d’une voiture. Nous avons vous et moi , un Roi- Soleil assis sur un trône rouge dans la grande salle de notre coeur. Et parfois, quelques secondes, ce roi, cet homme-joie, descend de son trône et fait quelques pas dans la rue. C’est aussi simple que ça. »

C’est ce genre de lecture qui nourrit le meilleur de nous même, et qui nous maintient dans une espérance ouverte sur le plus lumineux , le plus pur de nous même.

j ‘espère vous avoir transmis par ces quelques lignes une raie de lumière qui rejaillira encore plus loin tout autour de Vous

Amicalement

christine

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