
17 septembre: Sainte Hildegarde de Bingen, Décédée ( rappelée à Dieu) un 17 septembre1179
Plus que jamais l’enseignement d’Hildegarde de Bingen résonne à notre époque qui comme la sienne était une époque de transition, où de grands bouleversements, épidémiques, et sociaux mettaient à mal la société. Aujourd’hui, nous sommes un peu dans la même configuration
Elle a été un phare dans son siècle et aujourd’hui encore elle nous conduit vers l’espérance.
En prenant soin du corps comme temple de l’esprit, et en insistant sur les liens continus entre esprit âme et corps, Hildegarde nous invite à retrouver notre essence divine sans rien négliger de notre matérialité.
Même si une foule d’ouvrages ces dernières années, reprennent son enseignement en tant que » naturopathe » avant l’heure, Hildegarde au 12 ème siècle est une femme inspirée, pour qui corps, émotion et âme étaient intimement liés; On ne pouvait traiter ou soulager l’un sans prendre soin des 2 autres: Une révolution à son époque qui aurait pu la conduire au bucher comme quelques années plus tard, Marguerite Porette. Son érudition, ses relations et son amitié avec le Pape et Bernard de Clairvaux( fondateur de l’ordre cistercien), lui ont permis de traverser son siècle plus ou moins indemne.
Je vous propose une fois par mois d’entrer dans le monde d’Hildegarde de Bingen afin de mieux la connaitre: cuisine, mais aussi enseignement!
Commençons donc en Septembre: mois de sa fête:
La cuisine d’hildegarde est certes un de ses outils thérapeutiques et repose sur quelques piliers tirés de Physica et Causae et curae :
L’épeautre, toujours l’épeautre — c’est pour elle la céréale reine : « L’épeautre est le meilleur des grains… il procure une chair de qualité, un sang de qualité, et il donne un esprit joyeux et de l’allégresse dans l’âme de l’homme. » De là viennent des recettes simples toujours pratiquées par les adeptes de la cuisine hildegardienne : la bouillie d’épeautre du matin (grains ou semoule d’épeautre cuits dans l’eau, avec pomme, cannelle et un peu de miel), le pain d’épeautre, les soupes d’épeautre aux légumes, ou l' »habermus », ce petit-déjeuner chaud à base d’épeautre, de fruits cuits et d’épices qu’on sert encore dans les maisons de cure allemandes qui se réclament de son enseignement
Le vin aux herbes — deux préparations célèbres. Le « vin de persil au miel » (Petersilien-Honigwein) : du vin dans lequel on fait bouillir du persil, additionné de miel et d’un peu de vinaigre — elle le recommandait pour le cœur, au sens physique comme au sens du cœur alourdi par le chagrin. Et le « vin refroidi » (gelöschter Wein) : on porte le vin à ébullition puis on y verse un peu d’eau froide — un geste qu’elle conseillait pour apaiser la colère et l’agitation, « quand la tempête monte dans la poitrine ». Notez qu’à l’époque d’Hildegarde le vin était beaucoup moins fort qu’à notre époque et tenait plus du jus de raisin que du vin tel que nous le connaissons; par ailleurs, l’eau était loin d’être sécuritaire avec les miasmes et détritus que l’on déversait dans les rigoles; et on risquait plus de tomber malades en buvant de l’eau que de ce vin peu alcoolisé
Les épices du cœur — le galanga (cousin du gingembre) était pour elle « l’épice de la vie », tonique du cœur; elle en recommandait une pincée en cas de faiblesse ou de coup de fatigue. Le fenouil, mangé à jeun ou en tisane, « rend l’homme joyeux » et donne bonne haleine et bonne digestion. Le pyrèthre, la muscade, la cannelle reviennent aussi constamment comme épices qui « réchauffent » l’humeur.
La châtaigne — elle en dit merveille : bonne « contre toute faiblesse », pour le cerveau, le cœur et l’estomac. Châtaignes cuites à l’eau ou au miel, purée de châtaignes : c’est un de ses aliments réconfortants par excellence.
Les tisanes et l’eau de rose — tisane de fenouil quotidienne; la rose, ajoutée aux remèdes, « adoucit » tout ce à quoi on la mêle — elle conseillait par exemple de poser une feuille de rose sur les yeux au réveil pour clarifier l’humeur.
À l’inverse, elle déconseillait ce qu’elle jugeait porteur de « mélancolie » : les fraises, les poireaux crus, le porc en excès, les aliments froids et crus en général — sa cuisine est une cuisine du chaud, du cuit, du doux.
Adaptée à notre époque et à nos goûts, il n’y a pas grand chose à modifier. Notons que comme le préconise la médecine traditionnelle chinoise , manger froid n est pas recommandé non plus chez Hildegarde: cela demande une dépense d’énergie plus grande à l’organisme
Mais commençons donc ce cheminement avec Hildegarde ce 17 Septembre, en développant pour chaque mois une ou deux de ses recettes et quelques unes de ces pensées
Septembre: Le mois d’Hildegarde
À TABLE
Mois des pommes, des mûres, des premières courges
Voici un repas type selon ses préceptes: soupe d’épeautre au fenouil, compote de pommes épicée, biscuits de la joie.
Puis, elle recommandait de réintroduire les plats consistants à mesure que les jours raccourcissent.
Soupe d’épeautre complète de la Sainte-Hildegarde
INGRÉDIENTS
200 g de grains d’épeautre trempés • 1 bulbe de fenouil • 2 carottes • 1 poireau • 1,5 litre de bouillon • 1 c. à café de galanga • 1 pincée de pyrèthre • 2 c. à soupe de crème • persil • sel • huile d’olive
PRÉPARATION
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Préparation des ingrédients : Égouttez les grains d’épeautre après trempage pour améliorer leur digestibilité. Épluchez et coupez les légumes racines, hachez l’oignon et l’ail.
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Faire revenir les légumes : Dans une grande casserole, faites chauffer l’huile d’olive à feu moyen, ajoutez l’oignon et l’ail, puis les légumes.
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Cuire le velouté : Ajoutez les grains d’épeautre égouttés, mélangez, versez le bouillon de légumes chaud, couvrez et laissez mijoter.
- Mixer et assaisonner selon gout et servir avec un filet d huile d olive et de parmesan
Compote de pommes aux épices de la joie
INGRÉDIENTS
6 pommes • 2 c. à soupe de miel • 1 c. à café de cannelle • 1 pincée de muscade • 1 petite pincée de girofle moulu • 1 c. à soupe d’amandes effilées grillées
PRÉPARATION
- Pelez et coupez les pommes, cuisez-les 15 minutes avec un fond d’eau.
- Écrasez à la fourchette (texture rustique) ou mixez.
- Hors du feu, ajoutez miel et épices.
- Servez tiède, parsemé d’amandes
CHEMIN SPIRITUEL:

Pour Hildegarde, l’humain participe à sa propre réalisation; il est en chemin créé à l’image de Dieu, libre pour s’efforcer de vivre selon sa ressemblance.( Gn 1, 26)
Par ses sens il perçoit l’univers où il se trouve, et par son intériorité, il peut connaitre Dieu.
Pour Hildegarde: Corps Ame et Esprit doivent oeuvrer à l’unisson. À noter qu’elle écrit » je suis corps, âme esprit: et non j’ai.
Nous ne possédons pas , nous sommes! Dans le livre des causes et des remèdes elle affirme l’unité du corps et de l’âme, et leur interdépendance lorsqu’il faut soigner la personne.
L »âme vivifiée par l’esprit sera source de vie : ce qui se retrouve dans ses écrits sous l’expression: « VIRIDITÉ » force vivifiante octroyée par l’Esprit Saint ».
« Le corps est mû par l’âme et l’âme ne peut omettre d’inciter le corps à diverses oeuvres, elle qui comprend les les désirs de la chair, de cette chair dont elle est la vie. L’âme, dont l’essence est la vie, est un feu qui vit dans le corps; le corps quant à lui, c’est l’oeuvre réalisé » ( Livre des oeuvres divines, 4 ème vision(78)
L’ esprit de l’homme est ce qui en lui peut entrer en relation étroite avec l’Esprit divin: par une sorte de résonance entre les deux, de co- naturalité.
L’esprit est parfois appelé la « fine pointe de l’âme » et désigne ainsi ce qui est réceptif à la voix du divin.
Je partage ce texte à votre réflexion:
« L’âme est comme un oiseau qui vole.
Elle a en effet 4 ailes: les sens, la science, la volonté et l’intelligence.
Par l ‘aile des sens, elle constate ses blessures, elle refuse les préférences de la chair, elle est un souffle toujours en mouvement.
Par l’aile de la connaissance, elle communique au corps le désir d’agir, au corps qui sait que l’âme est sa vie.
Par l’aile de la volonté, l’âme désire oeuvrer avec le corps car elle prend conscience de l’existence de ce corps.
Par l’aile de l’intelligence, elle apprécie le fruit de toutes ses oeuvres, utiles ou inutiles, elle qui sait qu’elle a pour demeure une vie qui a un terme » (Livre des oeuvres divines, 4 eme vision 114)
Au mois prochain!
HELENE MARIE ROIRON
MERCI
Très intéressée à en connaitre plus sur Hildegarde
🙏🏻
Danielle Delorme
J’ai adoré votre présentation d’Hildegarde. J’ai déjà hâte à votre prochain billet. Je vais essayer ses recettes.
Bonne soirée et merci mille fois de nous concocter ces billets inspirants.