Billet du 4 Avril 2020

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Ça va bien aller…

 

Le jour s’est levé sans se soucier de nos palabres,

Les bourgeons des érables grossissent lentement, mais surement.

Maman Écureuil, ( à moins que ce ne soit Papa)  surveille son nid dans l’arbre voisin,

Et  y apporte, affairé et consciencieux, les derniers préparatifs…

Il y aura d’ici peu, un ou deux écureuils de plus

Dans le voisinage.

 

Le Geai bleu est venu me saluer promptement,

Avant de continuer son vol,

 Plus haut, plus loin.

Le café fume et embaume 

Le matin nouveau.

 

J’aime ce silence : Communion au vivant.

 

Le rire des enfants dans la cour d’école désertée

S’est brutalement arrêté

Tel une horloge fracassée.

Nos embrassades, nos promenades,

Et nos soupers entre amis,  

Nous paraissent maintenant valoir de l’or.

 

Les salles de concert et les théâtres

Sont  désespérément muets,

Bouches béantes dont aucun son ne jaillit!

Quelques rares passants

S’évitent conscienceusement

Dans des rues désertées.

 

Je ne l’aime guère, ce silence angoissant.

 

Si la Terre nous a renvoyés réfléchir dans nos maisons,

La nature ne nous  abandonne pas,

Nous qui lui avons  pourtant fait tant de mal…

 

Comme une grande soeur,

Elle nous chuchote en douceur

“Ça va bien aller.  

 

Sois sage, et cela va bien aller

Regarde autour de toi, 

La vie est là!”

 

Serons nous sages?…

 

Tel un enfant repenti 

Tendant les bras vers l’adulte 

Qui gronda si fort,

Allons nous  revisiter

Les vraies  valeurs

De nos quotidiens?

 

Allons nous retrouver le sens

Du verbe Etre, et oublier un peu

Celui du verbe Avoir?..

 

Je veux y croire…

 

Croire contre vents et marées

À la beauté,

Qui continuera d’incendier le monde

Avec ses couchers de soleil flamboyant;

 

Je veux croire en la musique du vent

Dans les branches des arbres, en été;

Je veux croire au silence plein

Des aurores laiteuses sur une plage déserte.

 

Je veux croire aux rires des enfants

Et à la main ridée du vieillard

Qui connait, mieux que tous les bavards,

La valeur de son ouvrage.

 

La vie est là, tapie derrière nos anciennes

Habitudes,

Et ne demande qu’à bondir 

Dans le coeur des Humains

Redevenus enfin sages.

 

Je le sais, je le sens,

Je l’attends avec confiance.

Et j’observe  “sagement”

Le travail de l’écureuil,

 

La sève gonflant les bourgeons,

Et l’oiseau bleu,

Qui tous,

M’enseignent inlassablement:

 

“Ça va bien aller,

Au final,

La vie l’emportera…”

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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